Cinéma et homosexualité en France: entre la "folle" et le gay souffrant
|
Communiqué de presse de l'entreprise:
ANCOSO GmbH
PARIS (AFP) - Le cinéma français a souvent véhiculé deux images stéréotypées de l'homosexuel, celle du travesti excentrique de "La Cage aux folles" ou d'un gay souffrant au destin tragique, et ne s'est émancipé que récemment des clichés, relève un livre pionnier sur le sujet.
Paru aux éditions Nouveau monde, "L'homosexualité dans le cinéma français" d'Alain Brassart, enseignant à l'université de Lille III, sonde les représentations des homosexuel(le)s dans les films. Ce livre, qui scrute l'imaginaire collectif et dessine les traits d'une
"esthétique gay", montre que le cinéma français ne s'est émancipé que récemment de ces clichés.
Peu présents jusqu'aux années 1950, des personnages très androgynes et/ou homosexuels sont au second plan des films de Marcel Carné, dont l'homosexualité est longtemps restée confidentielle. Certains personnages des "Enfants du paradis" (1945) ou "Hôtel du Nord" (1938) "sont très maniérés ou assoiffés de propreté, l'un travaille dans la confiserie! Mais cela reste discret, par peur de la censure et d'après Carné, les producteurs ne s'en sont pas rendu compte", dit à l'AFP Alain Brassart. Les films de Jean Cocteau, qui confessa son homosexualité dans "Le livre blanc" et eut une relation avec son acteur fétiche Jean Marais, explorent les fantasmes et la transgression. Pour Alain Brassart, le goût pour le fantastique qui marque "La Belle et la bête" (1946) est "très certainement lié" à un "désir de dissimuler son propos, à une époque où l'homosexuel est victime d'une stigmatisation médicale qui tend à le convaincre de sa monstruosité". Plus visibles après mai 68, les représentations de l'homosexualité restent timides, et les personnages gays sont "souvent malfaisants ou inquiétants dans les films de cinéastes hétérosexuels" à l'instar du tueur fasciste de "Z" de Costa-Gavras, juge l'auteur. En 1978, "La cage aux folles" d'Edouard Molinaro, adapté d'une pièce de théâtre de Jean Poiret, fixe le premier stéréotype: celui de la "folle", le travesti des comédies grand public, dont la caricature choquera bien des gays. Pour Alain Brassart, l'autre cliché, celui de "l'homo souffrant", nourri de "l'univers de l'écrivain Jean Genet, où la noirceur prime, perturbante pour un public hétérosexuel", apparaît avec "L'homme blessé" (1983) de Patrice Chéreau, où un adolescent se prend de passion pour un homme qui le pousse à la violence. Ces personnages d'homosexuels torturés apparaissent aussi chez André Téchiné, notamment dans son film autobiographique "Les roseaux sauvages" (1994), mais avec ses "personnages masculins ambigus", le cinéaste "a le mérite de redéfinir les catégories" sexuelles.
Contact:
Adresse e-mail:
Entrer en contact avec
|
zurück zur Kategorieseite: Arts / Cinéma
Cet article a été lu 794 fois
Andere Artikel dieses Autors:
- Paris-Nice: Pellizotti remporte la 2e étape et s'empare du maillot jaune
- Catherine Deneuve VRP de luxe du cinéma français au Japon
- Une visite de DiCaprio au Mur des Lamentations tourne à la bagarre
- Blogueur condamné en Egypte: "mauvais signe" pour la liberté d'expression
- Lancement d'une fusée Ariane 5 avec deux satellites à bord
- L'effacement de Chirac consacre l'hégémonie de Sarkozy, soutenu par Villepin
- Ligue 1: le Paris SG en plein cauchemar, Lyon cale face à Marseille
- Dopage: l'affaire Puerto classée par la justice espagnole, mais "pas terminée"
- Prêts à risque: la chute de New Century agite à nouveau Wall Street
- Boeing: 23 commandes au Koweït et en Russie pour une valeur de 3,6 mds USD
- mehr...